Cérémonie de purification / réconciliation à Wemotaci

Le 2 novembre dernier, le Provincial et Mgr Laliberté, pme, évêque de Trois-Rivières, ont participé à une cérémonie de purification et de réconciliation à Wemotaci. Comme tous les Québécois ont pu le voir sur Radio-Radio Canada, un de nos confrères a été condamné pour des abus sexuels commis sur des mineurs, et ce parfois dans une chambre au sous-sol de l’église.

Cela a laissé de profondes blessures dans les personnes, dans les familles et dans cette communauté chrétienne. La vie ecclésiale en était rendue à sa plus simple expression. Un groupe de trois femmes dynamiques a demandé au diacre responsable de relancer le comité d’église, mais pour ce faire il fallait faire une cérémonie de purification de l’église et brûler dans un feu de purification tout ce qu’il y avait dans la chambre du sous-sol où avaient eu lieu des abus.

L’évêque du lieu et moi-même nous avons été invités à participer à cette cérémonie. Mgr Laliberté, moi-même et le diacre responsable et son épouse, nous nous sommes déplacés à Wemotaci. Vers 13 h 30 un feu sacré a été allumé sur le côté sud de l’église et un leadeur spirituel autochtone a commencé le rituel avec le tambour, la pipe sacrée et des prières au Grand Esprit. Par la suite la chef de la communauté, des anciens et des anciennes ont pris la parole de même que Mgr Laliberté et moi-même.

Par la suite les personnes qui le désiraient ont été invitées à rentrer dans l’église et à descendre au sous-sol pour prendre tout ce qui était dans cette chambre et venir le jeter dans le feu sacré. Cela a été un moment intense vécu par tous les participants. Tous ont été invités à se rendre dans l’église et les leadeurs ont pris la parole pour dire l’importance de la prière dans le cheminement de nos vies difficiles. Ils ont insisté sur l’importance de la prière et de la fréquentation de l’église.

Nous nous sommes rendus au cimetière où reposent des personnes qui avaient fréquenté les pensionnats et des parents de victimes et des victimes des abus commis dans le sous-sol de l’église de Wemotaci. Par la suite nous avons célébré l’Eucharistie dans l’église et j’ai pu lire, en atikamekw, un passage de l’épitre aux Romains.

Nous avons clôturé le tout par un Mokocan, repas festif dans l’église. Ayant passé près de 24 ans dans les communautés atikamekws, je me considère privilégié d’avoir pu vivre cette expérience exceptionnelle avec mes amis autochtones.

Jacques Laliberté, OMI, Provincial